Loupiac

C’est au pied de l’église Saint Pierre que les treize volontaires pour cette randonnée de 9,3 km, s’étaient donné rendez vous.
La météo est hésitante en ce dimanche matin, quelques fines gouttes de pluie accompagnent nos marcheurs sur les premiers cinq cents mètres.
Pas le temps d’admirer les modillons de l’église, ni la frise de la façade qui est consacrée à la cène avec à gauche une évocation du péché originel et à droite l’adoration de l’agneau.
Pas le temps de rendre hommage au buste de Rénold Dézeimeris, archéologue loupiacais, qui découvrit la villa romaine et ses mosaïques.
Il fut maire de Loupiac et président du conseil général de Gironde, etc…

Une légère hésitation en début de parcours, Louis sort sa carte et nous remet sur le chemin de Berthoumieu.
Sur le bord de la route, il y a une profusion de panneaux, ce sont « Les journées gourmandes », les châteaux ouvrent leurs portes aux amateurs de Loupiac et de foies gras.

Après Berthoumieu et ses coqs girouettes, la vue d’un bateau de bonne taille au milieu d’un pré nous interroge sur la montée à venir du niveau des océans…
Il est vrai qu’à Sainte Croix du Mont, commune voisine, on peut voir des bancs d’huitres fossiles dans la falaise…

Et c’est la première montée, nous passons de 20 à 98 mètres d’altitude, direction Roumeau la Gravette.
Les chemins sont légèrement boueux, rien de méchant, mais on fait attention où on pose les chaussures…
Nous traversons la Marque, un petit ruisseau, il sert de limite naturelle avec Monprimblanc, la commune voisine.
Le ruisseau du Matelot remplit la même fonction avec la commune de Gabarnac, mais pas le ruisseau du Chay.

Nous faisons un léger détour pour admirer l’église Saint Jean de Monprimblanc, sa génoise à 4 rangées de tuiles et sa sculpture représentant un penseur qui date de l’époque romane.
Sur deux parcelles de vignes contiguës, l’une a perdu ses feuilles et pas l’autre. Louis nous apprend un nouveau mot, la défeuillaison.
Mais nous n’avons pas l’explication de ce phénomène, cépages différents, age des pieds ?

La foi a ses mystères et notre passage par l’église nous a dégagé le ciel, direction Le Nord, que nous n’atteindrons pas, préférant la montée vers Pontac.
Un léger détour pour admirer la vue sur la rive gauche et sur le château de Cadillac sur la rive droite.

Déjà l’église de Loupiac apparait en bas de la côte, c’est le retour aux voitures.
Merci Louis pour cette randonnée, au final 9,3 km et 244 mètres de dénivelé.

Place aux choses sérieuses, quelques volontaires ont décidé de profiter des journées gourmandes…
C’est sur le Château Loupiac-Gaudiet que s’est porté leur choix, au programme dégustation de vin et repas.

A l’entrée du château de magnifiques vieilles voitures Renault nous accueillent.
Dans le hall du château, c’est dégustation, mais il faut aussi admirer les frises représantant des scénettes assez drôles.
C’est à l’armateur bordelais Belso que l’on doit ce château au plan classique de chartreuse girondine.

Le repas a été composé et réalisé par le jeune chef, Lucas Cramaix.

Foie gras au piment d’Espelette, espuma maïs, citron et sésame
*
Magret de canard purée de choux fleur, cèpes et chataignes roties, jus et huile chanvre/capucine
*
Potimarron, pomme et fromage blanc.

Ce fut un régal, une démonstration de ce que peut réaliser un jeune chef très motivé.
Après cela, nous avons fait le plein de produits made in Sud-Ouest en prévision de fêtes de fin d’année et retour au bercail…

Quelques précisions apportées par les propriétaires du Château Loupiac-Gaudiet

Les frises dans l’entrée sont des représentations des fables de La Fontaine inconnues pour la plupart.
Monsieur Dezeimeris a été le précédent propriétaire du Château Loupiac-Gaudiet. Il y est mort en 1913.
Son épouse a vendu le château à notre famille le 27 juin 1919. Nous avons les actes de vente qui pour nous sont des biens très précieux.
En plus de ses mandats il a été un de ceux qui ont trouvé le moyen de lutter contre le Phylloxéra. Nous avons des courriers de France ou de l’étranger qui remercient monsieur Dezeimeris pour ses conseils ou qui lui demandent des renseignements.
Malheureusement, à la mort de son mari, son épouse a brûlé une grosse partie de ses correspondances.
Ce qui nous prive d’échanges magnifiques car il était un grand amateur de belles lettres et un monsieur très érudit.

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